Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Histoire électorale de Banyuls sur mer
Publicité
Histoire électorale de Banyuls sur mer
Publicité
L'Auteur

Claude Razouls-1

Visiteurs
Depuis la création 2 717
Publicité
Archives
Publicité
27 août 2017

15 - Législatives du 2 janvier 1956

15 - Législatives du 2 janvier 1956

 

Les élections brusquées suite aux renversements successifs des gouvernements MENDÈS FRANCE (5/2/1955), puis Edgar FAURE (2/12/1955), à une forte majorité, conduit ce dernier à dissoudre l'Assemblée nationale (mesure exceptionnelle et qui dramatise le débat) (1).

C'est dans le contexte du drame algérien et du rappel du contingent (2), de la contestation des petits commerçants et artisans, mais aussi du clivage politique au sein du Parti Radical entre gauche (P. MENDÈS FRANCE) et droite (E. FAURE), que se déroule cette consultation électorale.

  Le mode de scrutin, qui n'a pu être réformé selon le vœu du Président du Conseil (ce qui est l'une des causes de la dissolution), reste le même (proportionnelle avec apparentements).

 

Les reclassements politiques sont clairs :

1- Le PCF reste isolé.

2- Le "Front républicain" qui associe le Parti Socialiste SFIO, les radicaux dont le leader est MENDÈS FRANCE (E. FAURE étant exclu) (3), l'UDSR (que François MITTERRAND a représenté plusieurs fois comme ministre dans divers  gouvernements depuis 1946), les Républicains-sociaux (ex-RPF) avec CHABAN-DELMAS.

3- Le MRP, les Modérés et Indépendants et Paysans (CNIP) avec Antoine PINAY.

4- L'UDCA du dynamique Pierre POUJADE, qui à chaque meeting se déclare pour tous "ceux qui sont contre". . . les députés !, et dont l'essentiel du programme sera de "sortir les sortants". Accessoirement de diminuer les impôts sans diminuer les dépenses entraînées par le maintien de l'ordre en Algérie.

 

Les listes départementales refléteront ces grands courants nationaux :

 

1 - La liste du PCF, conduite par son député sortant André TOURNÉ avec Gaston IGONET et Raoul VIGNETTES (Secrétaire fédéral).

Leur campagne est simple : arrêt des opérations militaires et négociations en Algérie, retour du contingent, et naturellement dénonciation de la loi "inique" des apparentements, qui leur avait coûté si cher en sièges de députés en 1951.

 

2 - La liste socialiste est menée par le dissident Arthur CONTE (député sortant), exclu de la SFIO . . . puis réintégré, suivi par Paul ALDUY (maire d'Amélie) et Paul JENSONS.

Leur campagne est aussi simple : "contre les exécuteurs serviles des ordres d'un empire étranger", reprenant ainsi la formule prêtée à tort Guy MOLLET " les communistes ne sont pas à gauche mais à l'Est" (4). Mais aussi "contre les réactionnaires et cléricaux de la majorité de Dîen-Bîen-Phu. Ce qui n'engage pas à grand chose (Dîen-Biên-Phu c'est du passé, et les cléricaux peu présents dans le département).

Arthur CONTE jouit d'un incontestable "culte" de la personnalité (comme le révèlent les affichettes placées hors des panneaux officiels qui invitent tous les Catalans qui ne sont pas fous à voter Arthur, l'aigle des Pyrénées. . . orientales ). C'est aussi l'intellectuel de la fédération catalane (dont les mauvaises langues diront plus tard qu'il hantait davantage la bibliothèque de l'Assemblée nationale que l'hémicycle. L'aiglon se serait-il métamorphosé au cours de ses mandats en rat. . . de bibliothèque ! (5). Je dois avouer que pour avoir visité cette magnifique bibliothèque, renfermant outre le procès de Jeanne d'Arc, un Codex Aztèque, on peut excuser les tentations de l'ex-professeur d'histoire).

Rien n'empêche apparemment un apparentement avec les amis radicaux, et plus curieusement avec les Républicains sociaux de Paul JUNQUET (ex SFIO, ex RPF) dont la combativité en 1951 était apparue des plus faibles (lequel ne souhaite peut-être pas comme Michel DEBRÉ la mort du régime).

 

3 - La liste du Parti Radical est conduite par Gaston PAMS (qui a obtenu de la fédération départementale l'éviction de "l'ancêtre" et pourtant député sortant DELCOS), avec Sylvain MAILLOLS (conseiller général de Millas) et le Dr André PARCÉ (maire de Banyuls). Un handicap toutefois, l'ambiguïté  vis-à-vis de l'aide à l'école libre, trahissant son adhésion au programme minimum du Comité d'action laïque.

 

4 - La liste d'Union Républicaine (CNI, ARS, MRP) avec un avocat parisien "parachuté" François SUZANNE (partisan de l'aide à l'école libre), Séverin ESTIRACH (de Baixas) et Jacques MAURY (maire de Villeneuve-des-Escaldes). Il sera remarqué que cette liste, contrairement à la précédente, verra tous ses communiqués insérés dans "l'Indépendant".

 

5 - L'UDCA de Pierre POUJADE est représentée par la liste d'Union et Fraternité Française (UFF), conduite par Alfred VALAT, orateur départemental du mouvement,  Fernand RÉDARÈS et Jean LORIDANT, respectivement président et vice-président de l'UDCA départementale.

Leur programme est naturellement la défense des intérêts des commerçants et artisans contre les "politiciens professionnels", les gouvernants "vénaux", et réclame la convocation des États généraux.

 

Résultats :                            

                                Banyuls                    Département                    Métropole

Inscrits:            2387 (+259 /1951)            146.820                        26.774.899

Abst.:                 417 (17,46%)                  (22,27%)                        (17,20%)

Votants:          1970 (82,54%)                  (77,73%)                        (82,80%)

Blancs:                 15 (  0,76%)                  (  1,84%)                        (  1,10%)

S.Expr.:           1955 (81,90%)                  (76,29%)                        (80,30%)

PCF:                  522 (26,70% S.E)            (34,75% S.E)                 (25,36% S.E)

SFIO:                 303 (15,49% --)               (26,74% --)                    (14,93%--)

Radic:                 861 (44,04% --)               (13,33% --)                    (10,99 %--)

Rep.soc:                 9 (  0,46% --)               (  0,86% --)  (  1,18 %--)

Un.Rep.:            161 (8,23% --)                 (12,86% --)                    (25,50 %--)

UFF:                    84 (4,29% --)                (10,71% --)  (11,60 %--)

 

              Radicaux (hors Front républicain) : 3,85% S.E ; Rep. soc (ex-RPF) hors Front républicain : 2,69% S.E ; MRP : 10,88% S.E ; Modérés : 14,99% S.E ; Extrême droite : 1,20% S.E .

 

Remarques :

Les trois élus du département sont André TOURNÉ, et les deux socialistes Arthur CONTE et Paul ALDUY (pour la première fois, et à 40 voix près).

 

Contrairement à 1951, le nombre des inscrits a fortement augmenté, correspondant à l'apparition d'une nouvelle génération (le vote est alors à 21 ans) et un peu plus fort à Banyuls (+10,95%) que sur le plan national (+ 8,40%). C'est un nombre suffisamment important pour modifier les équilibres politiques précédents.

Les abstentions sont les plus faibles constatées pour ce type d'élection, démontrant l'intérêt des électeurs qui en ont parfaitement perçu l'enjeu. Elles sont équivalentes à celles de la métropole, et inférieures à celles du département, ce qui s'explique aisément puisque l'un des candidats est maire de Banyuls depuis trois ans.

 

Le PCF accroît ses voix (+ 28), mais faiblement, et ne profite pas des nouveaux inscrits, alors que sur le plan national il progresse de 500 000 voix par rapport à 1951 (25,9% S.E.) retrouvant son score de 1946. Il obtient 151 députés contre 103 en 1951.

Le Parti Socialiste SFIO ne retrouve pas à Banyuls ses voix de 1951 et recule nettement (-268), des électeurs "centristes" de 1951 s'étant sans doute reportés, en partie, sur la liste radicale de leur maire.

Sur le plan national il gagne des voix par rapport à 1951, retrouve à peu près son score de novembre 1946, n'ayant plus participé à des gouvernements de centre droit. Il disposera de 95 députés.

Le Parti Radical fait naturellement un tabac à Banyuls (+612), du jamais vu si l'on estime à . . . 53 son score initial le 21 octobre 1945. Il obtient à 57 voix près les électeurs d'André PARCÉ aux municipales. Mais l'Assemblée nationale sera privée d'un excellent tribun et défenseur du Cru Banyuls, puisque le département n'envoie aucun député radical à la chambre.

Dans le pays les radicaux (RGR + UDSR) progressent en voix et retrouvent leur score de novembre 1946. Ils disposent de 57 députés plus 19 (UDSR + RDA) et 14 (RGR).

L'Union Républicaine, essentiellement MRP et Modérés, gagnent 49 voix à Banyuls. Au plan national si le MRP maintient ses voix de 1951 (2 360 000) soit 11,1%, les Modérés les ont largement dépassés avec 3 258 000 voix, soit 14,4% S. Exprimés. Ils disposent respectivement de 73 et 95 députés.

Les Républicains sociaux (gaullistes) font un score ridicule à Banyuls . . . 9 voix d'inconditionnels (dont sans doute celle de Marie Ange PY). Dans le pays le recul est tout aussi spectaculaire en perdant en une seule élection 3 283 141 voix ! passant de 20,4% S.E. en 1951 à 4,4%, et de 121 députés . . . à 20. Mais le Général s'est apparemment désintéressé de la consultation comme de ses troupes, et accomplit sa "traversée du désert", mais certains de ses fidèles, comme CHABAN-DELMAS, fréquentent assidûment les hommes du Front Républicain.

La liste poujadiste crée la véritable surprise, pour ne pas dire la stupéfaction, non à Banyuls  où elle ne recueille que 84 voix, mais dans le département (12.000  voix, presque autant que les radicaux !), et dans le pays , puisque, pour sa première apparition sur la scène politique, et sans notables connus, elle obtient 2 484 000 voix et 11,5% S.E. (plus que le parti Radical seul, ou le MRP). Ce sont 52 trublions qui entrent au Palais-Bourbon. Les invalidations de certains élus de l'UFF seront considérés comme un scandale (6). Parmi ses députés un certain Jean-Marie LE PEN qui, à 27 ans, est le plus jeune de l'Assemblée … et fera parler de lui ultérieurement.

C'est la consternation dans le petit monde politicien, la rigolade chez les humoristes, et une certaine crainte chez les républicains.

Sur le plan du crédit international de la France, cela fait désordre, mais pas plus que les crises ministérielles à répétition depuis l'élection de la première Assemblée nationale du 10 novembre 1946 (17 gouvernements en . . . 10 ans), et les treize tours de scrutin pour élire en 1953 René COTY, président de la République, avec des pouvoirs bien limités.

 

Conclusion :

Le Front républicain avec environ 170 députés remporte néanmoins un succès, mais ne dispose pas de la majorité absolue à l'Assemblée (299). Guy MOLLET (Secrétaire général de la SFIO) est investi le 2 février (7).

Le Front Républicain a axé toute sa campagne électorale sur le thème de la paix en Algérie; il ne peut qu'être soutenu par les communistes, ce qui a lieu lors du vote d'investiture.

Le plan de paix repose sur le triptyque : cessez-le-feu, négociation, élections générales.

Il est clair dans l'esprit des Français que le gouvernement doit résoudre rapidement le problème algérien, mais les conceptions divergent au sein du Parlement, comme de part et d'autre de la Méditerranée sur les moyens d'y parvenir (8).

Des contacts secrets entre émissaires de Guy MOLLET et du FLN au Caire, à Belgrade puis  à Rome, n'aboutiront pas (9).  La capture illégale de l'avion  qui conduisait les chefs du FLN de Rabat à Tunis (22/10/1957), puis l'expédition franco-anglaise sur le canal de Suez ne faciliteront pas nos rapports avec le monde arabe, comme avec les USA et l'URSS. D'un côté l'intensification des attentats FLN en Algérie contre les civils européens, mais aussi contre des musulmans, de l'autre la dureté des répressions, bloquent toute situation politique.

Notes annexes :

(1) dont un auteur britannique analyse avec clairvoyance la situation en France, Ronald MATTHEWS: La mort de la quatrième République. Edit. Julliard (1955).

(2) Cf. Alain-Gérard SLAMA: La guerre d'Algérie. Edit. Découvertes Gallimard, Histoire n°301 (1996).

Le bilan des exactions du FLN entre le 1er novembre 1955 et le 31 décembre 1956 montre la gravité de la situation: les pertes civiles s'élèvent à 3677 tués et 2790 blessés, dont  3030 tués et 1652 blessés musulmans, parmi les militaires et forces de l'ordre: 1805 tués et 3785 blessés. Chez les rebelles: 12 523 tués, 711 blessés capturés et 4692 prisonniers. 1000 exploitations agricoles incendiées ou pillées, 500 machines agricoles détruites, 300 écoles saccagées, sans compter les récoltes et arbres fruitiers plus ou moins détruits (in Rapport établi pour le ministre-résident).

(3) "P. MENDÈS FRANCE constitue le symbole et le dénominateur commun de la coalition" in biographie de  Jean LACOUTURE: Pierre MENDÈS FRANCE. Edit. Seuil, 1981, p.406. D'où des tracts électoraux du type  "avec PMF, votez X. Le Front républicain protestera contre le "coup du 2 décembre" (date de la dissolution de l'Assemblée) et en appellera à "la défense de la République". On a du mal à s'imaginer E. FAURE travesti en Napoléon III.

(4) Formule qui serait due à E. DEPREUX d'après le journaliste du "Monde" R. BARILLON.

(5) Cf. "Les dossiers de l'histoire" N° 52, janv-fev 1985; interview concernant l'ouvrage: Yalta, ou le partage du monde.

(6) Comme l'exprimera fort honnêtement dans ses mémoires Michel DEBRÉ: Trois républiques pour une France. tome 2: 1946-1958. Edit. Albin Michel (1988). Onze députés seront en effet invalidés sur les 52 élus !

(7) La pratique constitutionnelle veut que l'on fasse appel, en premier lieu, au chef du plus important parti de la majorité. Il est plus que probable que la nomination de P. MENDÈS FRANCE n'aurait pas été mieux reçu à Alger que ne le fut G. MOLLET le 6 février, du fait de l'exaspération nationaliste des européens et la défiance des militaires. Une crise ministérielle  n'est pas à exclure d'entrée. Les lendemains de cette manifestation d'Alger ne seront qu'une désintégration du Front républicain (avec les démissions du gouvernement de MENDÈS FRANCE puis de SAVARY), comme du Parti Socialiste SFIO lors de la création du parti socialiste autonome.

(8) Sur l'origine de la guerre d'Algérie, notamment les graves évènements du 8 mai 1945 puis du 1er novembre 1954, on peut se référer aux deux tomes de Claude PAILLAT: Le Guêpier, La Liquidation. Edit. Robert Laffont (1969 et 1972); P. MIQUEL (op. cit. 1982); A.-G. SLAMA (op. cit. 1996). Alphonse JUIN & Amar NAROUN: Histoire parallèle: La France en Algérie 1830-1962. Edit. Librairie académique Perrin (1963); Michel MASSENET: Contrepoison ou La morale en Algérie. Edit. Grasset (1957).

(9) Divers émissaires, sous les gouvernements de G. MOLLET, puis de M. BOURGÈS-MAUNOURY, auront des contacts avec des représentants du FLN malheureusement sans résultats du fait des tendances divergentes entre ceux qui poussaient à l'indépendance immédiate (soutenus par nombre de nos alliés atlantiques) et ceux qui refusaient tout statut reconnaissant une autonomie algérienne particulière). Une certaine odeur… de pétrole (découverte il y a peu) n'étant sans doute pas étrangère à l'intervention discrète de certains). Cf. J.-Y. Goëau-Brissonnière: Mission secrète. Edit. Lieu Commun (1992).

 

Note complémentaire :

            Hugh Roberts (1) souligne fort justement que la France est sortie exsangue de la première guerre mondiale (1914-18), mais contrairement à l'Angleterre, avec des ambitions et prétentions impérialistes intactes. Sa politique coloniale sera marquée par un écart entre les fins poursuivies et les moyens disponibles, écart qui deviendra dramatique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale quand elle tentera de rétablir sa puissance impériale d'antan dans un contexte mondial qui lui sera hostile aussi bien  à l'Est que de la part des USA.

            Les évènements de novembre1954, totalement sous-estimés par les européens en Algérie, et plus encore par le peuple français en métropole, démontrent l'aveuglement  ou l'incompétence des élus sinon la pusillanimité des gouvernants.

            Aux députés d'origine musulmane en 1945 et 1946 (disposant  de 16 élus dans un collège dit des non citoyens) s'oppose le bloc des députés européens (collège dit des citoyens avec 13 sièges). Si parmi les premiers certains sont affiliés au PCF et à la SFIO, ils rallieront le FLN faute de se faire entendre et à la suite du truquage des élections du 4 avril 1948 sur ordre du gouverneur général socialiste Marcel-Edmond NAEGELEN, suivi de celui des législatives de juin 1951 et lors des municipales d'avril-juin 1953. Contrairement à ce que le ministre de l'intérieur F. MITTERRAND voulait faire croire à la métropole, les départements d'Algérie ne disposaient pas du même statut que celui de la Seine ou des Pyrénées-Orientales (2). La méconnaissance totale des jeunes métropolitains concernant l'Algérie explique l'envoi aisé du contingent (mis à part quelques sporadiques mouvements de contestation dues, pour l'essentiel, à l'actif du PCF) et la durée des opérations militaires durant six années. Personnellement de la "classe 56" je peux en témoigner, habitant au surplus à Paris, près du Boulevard Barbès-Rochechouart, où je côtoyait des algériens dont la discrétion était totale. La première phase de la génération 3 (comme définie page 194) n'aura plus grande confiance dans les hommes politiques (à l'exception du PCF).

 

Référence:

(1) Cf. Hugh ROBERTS: Prémisses historiques d'une libération inachevée. In Aurès/Algérie 1954. Edit. Autrement- Série Mémoires n°33 (Novembre1994); pp. 72-92.

(2) Il faudra attendre le 22 juillet 1958 pour que le timbre postal métropolitain affranchisse pour la première fois le courrier adressé d'Algérie (Cf. Jean-François REVEL: Le style du Général 1959. Edit. Complexe, 1988, p.203)

 

Page précédente

Page suivante

Publicité
Commentaires
Publicité