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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Claude Razouls-1

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27 août 2017

68 - Législatives des 9 et 16 juin 2002

68 - Législatives des 9 et 16 juin 2002 

 

Ces élections suivent de peu l'élection présidentielle  qui a vu la réélection de Jacques CHIRAC dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. La majorité plurielle (PS, MRG, MDC, PCF et Verts) n'existe plus depuis l'échec de L. JOSPIN (au pouvoir depuis cinq ans), éliminé au second tour de l'élection présidentielle par le représentant du Front National Jean-Marie LE PEN arrivé en seconde position.

Le retrait de JOSPIN de toute activité politique, comme son silence, laisse le Parti Socialiste dans une situation très difficile.

J. CHIRAC, avec l'appui de l'ancien Premier ministre A. JUPPÉ avait organisé, peu de temps avant l'élection présidentielle, une union de la majorité présidentielle (UMP), regroupant le RPR et une grande partie de l'UDF (centristes avec le maire de Toulouse P. DOUSTE-BLAZY et de Démocratie Libérale avec MADELIN et RAFFARIN. Seul F. BAYROU s'oppose à la fusion de l'UDF (ou ce qu'il en reste) dans ce nouveau  mouvement UMP qui doit constituer un groupe unique au Parlement. Union largement souhaitée par les électeurs de droite qui ont quelques mauvais souvenirs des conflits (quasi à couteaux tirés) entre ses leaders.

La campagne se déroule d'une façon atone et polarisée sur le problème de la cohabitation, facteur de conflits entre les deux têtes de l'exécutif, ou de consensus.

Curieusement favorable à l'origine à cette notion plébiscitée par les Français (donnée des sondages d'opinion), défendue par É. BALLADUR qui prétend ne pas avoir eu à en souffrir comme Premier ministre sous F. MITTERRAND, le conseiller politique et chef du cabinet de JOSPIN affirme dans un livre, paru avant les Présidentielles, sa nocivité (1).

Si CHIRAC rejette toute idée de cohabitation au nom du principe de cohérence et d'efficacité, le Parti Socialiste tente de démontrer le danger d'une concentration de tous les pouvoirs entre les mêmes mains (Présidence de la République, Sénat, Assemblée nationale et Régions, sans parler des nominations à certains emplois de la haute administration).

Les premières semaines d'activité du nouveau gouvernement de J.-P. RAFFARIN et la médiatisation de l'action entreprise par le nouveau ministre de l'Intérieur (N. SARKOZY) confèrent une impression favorable (traduite dans les sondages), malgré des propos peu clairs concernant l'augmentation du SMIG au 1er juillet et parfois contradictoires (sécurité sociale). La fin de la grève des médecins généralistes (2) après concertation confirme la volonté d'action effective du gouvernement.

Lors des débats télévisés, les porte-parole de l'UMP affirment que les promesses de CHIRAC seront strictement tenues. Comment, par exemple, la baisse de la TVA à 5,5 % dans la restauration pourra-t-elle être appliquée, puisqu'elle dépend d'une décision européenne? De même que l'équilibre budgétaire imposé dans le cadre européen?, par des économies répond-on, mais lesquelles, on ne le précise pas trop.

Quant au Parti Socialiste, abandonné par son leader en rase campagne, avec des militants K.O. et sans illusions sur l'issue de la consultation, malgré les efforts de F. HOLLANDE (Premier secrétaire), leur campagne atteint le "degré zéro de la politique", comme l'exprimera G. FRÊCHE dans son analyse fort pertinente des événements de l'année (3).

Grâce au financement des partis politiques (4) il n'est pas étonnant de voir une forte inflation des candidats, soit 8846 candidats pour 577 sièges.

Absence de débats publics entre les chefs de parti et le Premier ministre ou des représentants de la nouvelle formation présidentielle.

Comme la campagne électorale se réduit à des temps d'antenne minutés, et sans passion à la radio et à la télévision (du moins pour ceux qui ne disposent que des cinq chaînes), le futur électeur ne peut que zapper des exposés aussi peu stimulants. 

Notre circonscription ne fait pas exception à ce phénomène avec … 16 candidats.

Commençons par les " formations classiques":

 

1- Henri SICRE, député sortant, Parti Socialiste. Une seule ombre au tableau: sa défaite aux municipales avec la perte de la mairie de Céret en mars 2001, et son non-renouvellement au sein du conseil général, mais un atout: sa "protection" des chasseurs. Son suppléant: Roland NOURY, maire de Saint-Jean-Lasseille.

2 - Nicolas GARCIA, maire d'Elne, Parti communiste français, avec pour suppléante Isabelle QUINTANE, maire de Saint-Laurent-de-Cerdans

3 - Annick DUVAL, de Sorède pour "les Verts". Suppléant Didier MARFAING, d'Argelès-sur-Mer.

4 - Jean-Marie BENITO, postier, "Lutte Ouvrière" soutenue par Arlette LAGUILLER, suppléante: Marie-Thérèse SORESI, ouvrière.

5 - Sébastien LEFÈVRE, étudiant-salarié, "Lutte Communiste Révolutionnaire, soutenu par Olivier BESANCENOT. Suppléante: Jeanne LESPARRE.

6 - Chantal DECOSSE, " Pôle républicain, parti de CHEVÈNEMENT. Suppléant: Patrick MÉDINA , employé à la maison de retraite Vincent Azéma de Banyuls-sur-Mer.

7 - Catherine DELHOSTE, vétérinaire à Céret, "CPNT", mouvement de J. SAINT-JOSSE; Suppléant Jean-Michel PARCÉ, viticulteur à Banyuls-sur-Mer. Une curiosité pour ce dernier son ancienne candidature sous l'étiquette écologiste "Génération Ecologie" lors des cantonales de mars 1992. Crainte à propos des contraintes européennes notamment concernant Natura 2000.

8 - LEBRUN, "Génération Ecologie", le parti écologiste de Brice LALONDE, qui se réclame sans doute un tantinet abusivement des feus Commandant COUSTEAU et Haroun TAZIEFF, tous deux disparus. Absence du bulletin de vote dans l'enveloppe officielle. Suppléant: ?

9 - Myriam GRANAT, UMP (UDF: tendance DL), imposée par Paris et inconnue dans la circonscription; suppléant: Jean-Pierre ROMÉRO du Rotary Club de la Côte Vermeille.

10 - Christiane BRUNEAU, conseillère municipale du Boulou, MPF (P. DE VILLIERS). Suppléante: Claudine BLONDEL-ARNOLD, mère au foyer.

11 - Edouard FESENBECK, officier de police judiciaire, ancien combattant, FN. Suppléante: Monique ROULLET-LENGLET.

12 - José MARIN, MNR (Bruno MÉGRET). Suppléant: Claude BARRAL.

            Pour les formations secondaires:

13 - Edwige PIA, CAP 21 (mouvement écologiste de Corinne LEPAGE). Suppléant: Laurent LESPIAC.

14 - Virginie BARRE, conseillère municipale de Perpignan, Bloc Català (union du Partit per Catalunya et l'Unitat Catalana). Suppléant: Terenci VERA-GRAU, conseiller municipal d'Elne.

15 - Annette SASSOLI, Droit de Chasse. Suppléant: Marie-Claude RIEU. Pas de profession de foi dans l'enveloppe officielle.

16 - Christian JOUBERT (fondateur du Parti Jus Cogens). Suppléant: ?

 

Résultats (1er tour):

 

 

 

 

 

 

      Banyuls

      Circonscription

    Métropole +       DOM,TOM

 

 

 

 

 

 

 

Inscrits:

3832 (+ 43/97)

80515 (+ 6348/97)

40.930.928

Abst.:

1349 (35,20%)

27022 (33,56%)

35,62%

Votants:

2483 (64,80%)

53493 (66,44%)

 64,38%

Nuls:

    75 (  3,02%)

  1439 (  2,69%)

   2,13%

S. Expr.:

2408 (62,84%)

52054 (64,65%)

 63%

 

 

 

 

SICRE:

730 (30,32%)

16182 (31,09%)

   (1)

DUVAL:

 68  (  2,82%)

  1308 (  2,51%)

   (2)

GARCIA:

  153  (   6,35%)

  4563 (  8,77%)

   (3)

DECOSSE:

61  (   2,53%)

    764 (  1,47%)

   (4)

BARRE:

45  (  1,87%)

  1001 (  1,92%)

 

BENITO:

29  (  1,20%)

    541 (  1,04%)

   (5)

LEFÈVRE:

45  (  1,87%)

    785 (  1,51%)

   (6)

LEBRUN:

  9  (  0,37%)

    192 (  0,37%)

 

DELHOSTE:

40  (  5,81%)

  1369 (  2,63%)

   (7)

SASSOLI:

23  (  0,96%)

    594 (  1,14%)

 

GRANAT:

  710  (29,49%)

14416 (27,69%)

   (8)

BRUNEAU:

45  (  1,87%)

    754 (  1,15%)

 

PIA:

20  (  0,83%)

    496 (  0,95%)

 

FESENBECK:

  317  (13,16%)

  8483 (16,30%)

   (9)

MARIN:

 11 (  0,46%)

    546 (  1,05%)

  (10)

JOUBERT:

   2 (  0,08%)

      60 (  0,12%)

 

                 

  

Métropole: (1) PS: 25,28%; (2) Les Verts: 4,43%; (3) PCF: 4,70%; (4) Pôle Républicain: 1,22%; (5) L.O.: 1,18%;  (6) L.C.R.: 1,27%; (7) CPNT: 1,64%; (8) UMP: 34,23%; (9) FN: 11,11%; (10) MNR: 1,08%

 

Remarques:

Le nombre des inscrits ne s'est que faiblement accru à Banyuls par rapport aux législatives de 1997, contrairement à la circonscription, traduisant sans doute un apport externe non négligeable. Il est vrai que les possibilités de constructions nouvelles dans la commune sont limitées faute de terrains, du fait de leurs prix et de la viabilité (compte tenu du vignoble existant), et de l'absence de construction d'HLM qui seraient néanmoins indispensables.

Par comparaison avec 1997, le nombre des abstentions est plus élevé à Banyuls (+12,9%), comme pour la circonscription (+3,16%) et le pays (+3,58%). L'absence, dans cette élection, de deux candidats de Banyuls comme en 1997 (dont le maire P.BECQUE et l'ancien maire J. RÈDE) peut expliquer la moindre mobilisation des électeurs. (5)

A l'exception du 1er tour des législatives de 1962 (39,28%), les abstentions correspondent cette fois au second plus fort taux (35,20%). Dans les deux cas, ces élections en suivaient d'autres dans la même année. Il en était de même en 1988 (32,22%), législatives suivantd'un mois les Présidentielles. Tout semble indiquer que, pour de nombreux électeurs, les jeux sont alors déjà faits.

Lorsque le taux des abstentionnistes est faible au 1er tour, le second montre peu de différence (22,3% puis 21,02% en 1997), au contraire s'il est fort au premier, il diminue fortement au second (32,22% puis 25,50% en 1988). Dans un cas intermédiaire, il peut encore s'accroître au second (25%, puis 34,06% en 1993).

Les votes blancs et nuls sont du même ordre qu'en 1997 et fonction du nombre des candidats (inversement proportionnel).

 

H. SICRE (PS) accroît son score à Banyuls par rapport à ceux de 1993 et 1997 (+259 et +194 voix), mais régresse assez fortement par rapport à sa première élection en 1988 (-262 voix). Dans la circonscription, il dépasse de peu son score de 1997 (+467 voix). Il arrive en tête  avec à peu près le même pourcentage à Banyuls et la circonscription (± 30,71%), mieux que pour le PS sur le plan national (+ 5,43%).

N. GARCIA (PCF) perd des voix à Banyuls par rapport à 1997 (-66), plus encore dans la circonscription (-1833, soit -28,66%), mais fait mieux que son parti sur le plan national (+1,65%), qui ne se redresse pas réellement depuis les présidentielles précédentes (+1,26%)

Les Verts accroissent leurs voix à Banyuls  de + 28/ 97, mais font un score moindre qu' au plan national (-1,61%). Dans la circonscription, ils sont en progrès (+ 403 voix/ 97).  Par rapport à la présidentielle, ce Parti régresse de - 0,88%. Situation assez stable.

La candidate du Pôle républicain obtient un résultat à Banyuls très inférieur à celui de son leader aux présidentielles (- 99 voix), correspondant  à l'échec global  de CHEVÈNEMENT lors de ces législatives, dont le mouvement semble entrer dans un déclin définitif.

Les candidats de la LCR et de L.O., non représentés en 1997, obtiennent 74 voix à Banyuls, et 1326 voix dans la circonscription, ce qui ne traduit pas l'élan donné par ces partis lors des présidentielles.

Le CPNT (non présent en 1997) confirme les voix obtenues lors des présidentielles à Banyuls, "anormalement" plus nombreuses que pour la circonscription et sur le plan national.

Mme GRANAT, la représentante de la majorité présidentielle (UMP), n'enregistre qu'un résultat très faible à Banyuls (-945 voix/ 97, en cumulant les voix de BECQUE+RÈDE), mais fait mieux dans la circonscription que ces deux candidats en 97: +864 voix. Son score approche à 1766 voix près celui de son concurrent pour le second tour.

  Le FN est en augmentation de +49 voix/ 97 à Banyuls, mais en recul par rapport à LE PEN lors des présidentielles (-101 voix). Dans la circonscription, son résultat équivalu à celui de 1997.

Le MNR (dissidence du FN) ne représente qu'un nombre de voix symbolique à Banyuls, plus élevé pour la circonscription où il n'est plus négligeable. Notons que son score ne représente que 6,44% de celui de LE PEN. (6)

Mme PIA, déjà présente en 1997, progresse de … 2 voix, et devra attendre plus de cent ans pour être élue !

Les "catalanistes" (déjà présents en 1997) sont encore très minoritaires à Banyuls, un peu mieux représentés dans la circonscription avec un millier de voix.

En ce qui concerne C. JOUBERT, il y a au moins deux personnes à Banyuls pour avoir lu sa profession de foi (et possédé de bons yeux). S'ils ont tout compris, ils sont à féliciter.

 

La campagne pour le second tour n'est guère plus passionnante que la première, sinon un débat d'excellente qualité entre L. FABIUS (PS) et DOUSTE-BLAZY (UMP) (7).

L'électorat semble avoir admis la logique de la demande du Président afin d'obtenir une majorité parlementaire (ce qui a toujours été le cas par le passé), alors que la cohabitation n'est pas une demande institutionnelle. Le rééquilibrage des pouvoirs (argument du PS) peut-il être suffisant sans présentation d'un programme de gouvernement, et négocié avec quelles forces politiques ? La cohérence est manifestement en faveur de la droite.  La question est sans doute moins celle de la concentration des pouvoirs (critère d'efficacité) que celle des contrôles parlementaires. Mais l'électorat est-il informé du travail accompli par les commissions, leur composition? Il n'a la connaissance que des grands débats publics formels, alors que l'essentiel a été réalisé avant, et le plus généralement ailleurs que dans l'hémicycle (sauf parfois les motions de censure).

Dans ces conditions la future majorité semble ne pas devoir échapper à l'UMP, même si les projections en sièges annoncées par la presse seront fortement à revoir à la baisse (8). Le second tour voit généralement une baisse significative des abstentions (5%  au moins), et un report de 60% sur les candidats de gauche.

Dans notre circonscription H. SICRE devrait aisément retrouver son siège de député approchant ± 25 000, et Mme GRANAT ± 21 500 (sauf si toutes les voix du FN se reportaient en sa faveur, seul cas où elle pourrait l'emporter) (9), ce qui n'est guère envisageable.

 

Résultats (2 ème tour):

 

 

 

 

Banyuls

Circonscription

Métropole

Inscrits:

3832

80504

36.788.231

Abst.:

1409 (36,77%)

29085 (36,13%)

39,71%

Votants:

2423 (63,23%)

51419 (63,87%)

60,29%

Nuls:

   127  (  5,24%)

 3106 (  6,04%)

 4,36%

S. Expr.:

2296 (59,92%)

48313 (60,01%)

 

 

 

 

 

SICRE:

    1132 (49,3%)

24922 (51,58%)

 

GRANAT

    1164 (50,7%)

23391 (48,42%)

 

 

Métropole: PS: 35,38 %; UMP: 48,88 %

 

H. SICRE se trouve réélu pour la quatrième fois sans surprise.

 

Remarques:

Les abstentions, déjà très élevées lors du 1er tour, sont en accroissement de +1,57%, mais seul un examen des cahiers d'émargements pourra rendre compte des transferts d'électeurs d'un tour sur l'autre. Elles sont légèrement plus élevées dans la circonscription (+ 2,57%) et très élevées au plan national (+ 4,09%). Les consignes du FN ne sont pas favorables à un report de voix sur les candidats de l'UMP (sauf consignes particulières dans certaines circonscriptions comme celle de R. HUE, PCF, ou M. AUBRY, PS (alias "la dame des 35 heures"). il est probable qu'une grande partie de cet électorat s'est abstenue (on l'estime nationalement à ± 50%). Si jusqu'à 14 heures le taux de votants est plus soutenu qu'au 1er tour, il n'en est plus de même au cours de l'après-midi (5).

  Le nombre des bulletins blancs et nuls s'est accru de + 52, avec un pourcentage légèrement inférieur à celui de la circonscription, mais plus élevé que pour le pays.

À Banyuls, H. SICRE gagne + 402 voix par rapport au 1er tour, soit si on cumule les voix du PCF+CHEVÈNEMENT+Verts+ L.O+ LCR (356 voix), un gain de 46 voix provenant d'abstentionnistes du 1er tour, ce qui est peu vraisemblable. Dans l'ensemble de la circonscription, son gain est de +8740, soit après cumul (PCF+CHEVÈNEMENT+Verts = 6635) un gain de 2105 voix d'abstentionnistes du 1er tour.

M. GRANAT obtient à Banyuls + 454 voix en plus, soit après cumul (MPF + PIA + SASSOLI + MNR + FN = 393) un gain de 355 voix. A celles-ci peut-on également ajouter une partie du CNPT (50%? = 80), soit 61 voix provenant des abstentionnistes du 1er tour (ce qui est également peu probable compte tenu du total des nouveaux électeurs: + 325).

L'examen des cahiers d'émargement donne: 1026 inscrits n'ont voté à aucun des deux tours (26,77%), 2100 ont voté aux deux tours (54,80%), 383 n'ont voté qu'au 1er tour (9,99%), 323 n'ont voté qu'au second tour (8,43%). Notons qu'approximativement le chassé-croisé des électeurs d'un tour à l'autre est du même ordre. (10)

L'hypothèse d'un report de voix par proximité politique doit être rejeté. SICRE ne bénéficie pas du cumul supposé des 356 voix, comme GRANAT des 393 voix. Il est impossible d'estimer les pertes  des deux candidats à gauche et à l'extrême gauche dans le cas de SICRE, et de l'extrême droite pour GRANAT. Ceci est confirmé par le nombre des électeurs qui ne sont pas revenus au second tour. Les électeurs du second tour sont venus compenser les pertes précédentes, sans doute légèrement plus en faveur de GRANAT que de SICRE, mais il est très difficile d'en calculer le pourcentage (environ 43-45% pour SICRE et 55-57% pour GRANAT), si l'on suppose une répartition égale des votes CPNT sur les deux candidats (ce que nous ne pouvons pas confirmer). (11)

 

Dans le département, les trois autres circonscriptions voient les sortants 2 PS et 1 PCF éliminés (Christian BOURQUIN, président du Conseil général; Jean CODOGNÈS; Jean VILA) au profit de 3 UMP (Arlette FRANCO (9), François CALVET et Daniel MACH) il est vrai avec des scores serrés (respectivement 50,86%; 51,52% et 55,74%)

 

Au plan national, quelques vedettes de la gauche sont battues: R. HUE (PCF), M. AUBRY (PS), M.-N. LIENEMANN (PS) (12), P. MOSCOVICI (PS), F. PARLY (PS), R. FORNI (PS, président de l'Assemblée nationale), G. FRÊCHE (PS), C. TRAUTMANN (PS), C. TASCA (PS), M. VAUZELLE (PS), J.-P. CHEVÈNEMENT (Pôle Républicain), D. VOYNET (Les Verts), G. HASCOUËT (Les Verts). Une hécatombe à méditer, et si possible à corriger, lors des prochains Congrès du PS, du pôle républicain et des Verts.

La nouvelle assemblée comprend: 21 PCF, 141 PS, 7 PRG, 3 Verts, 6 div. Gauche, 22 UDF (tendance Bayrou), 2 DL, 369 UMP, 2 RPF (tendance De Villiers), 1 MPF, 3 div. Droite. Au total la droite obtient une confortable majorité avec 399 sièges contre 178 à la gauche.

L'extrême gauche, comme le FN (J.-M. LE PEN, B. GOLLNISH)  et le MNR (B. MÉGRET) n'ont aucun élu.

 

Le Premier ministre, Jean-Pierre RAFFARIN sera reconduit dans ses fonctions et disposera d'une majorité absolue (289 sièges étaient nécessaires) sans l'apport des "restes" de l'UDF maintenue. C'est la troisième majorité de droite la plus importante de la Ve République après celles de 1968 et 1993. Elle dispose aussi de la majorité dans toutes les Institutions de la Ve République.

Ironie de l'Histoire c'est un communiste Georges HAGE, doyen d'âge de l'Assemblée, qui présidera la première séance avant que ne soit élu Jean-Louis DEBRÉ (chiraqien bon teint)

 

Notes annexes:

(1) Olivier SCHRAMECK: Matignon Rive Gauche 1997-2001. Edit. Seuil (2002).

(2) Avec la revalorisation de leurs honoraires portée à 20 € en cabinet et 30 € à domicile en échange de prescription de médicaments génériques.

(3) Cf. G. FRÊCHE (op. cit.)

(4) 1,66 € par voix et par an pour les formations présentant au minimum 50 candidats. Cf. "Le Monde" du 7/8/2003 sur les financements des partis politiques. Une limite avait été fixée par les députés à 5 % de voix obtenus, mais cette sage mesure a été annulée par le Conseil constitutionnel sous prétexte que cela interdirait toute émergence d'une jeune formation politique. À ce propos il suffit de lire l'article paru dans "Le Monde", de Robert BADINTER, pour saisir les limites du pouvoir des députés en matière d'élaboration des lois, susceptibles d'être censurées par les textes mis au point par ces "grands juristes" (Constitution, actes de la Communauté européenne, etc.)

(5)  Nombre des votants en fonction de l'heure (1: 1er tour, 2: 2ème tour):

 

heures

 

1997 (1)

 

1997 (2)

 

2002 (1)

 

2002 (2)

9

9,29%

9,45%

6,16%

7,57%

10

20,98%

21,06%

13,52%

16,41%

11

31,14%

33,91%

23,04%

26,96%

12

42,75%

45,26%

32,67%

35,78%

13

49,59%

52,30%

39,12%

42,38%

14

53,74%

56,29%

43,47%

45,62%

15

57,08%

61,20%

47,26%

47,89%

16

62,15%

67,19%

53,21%

51,83%

17

68,77%

72,76%

58,74%

57,91%

18

77,70%

77,30%

64,80%

63,23%

 

 

 

 

 

 (6) Si les positions du FN pour le second tour sont peu favorables, pouvant aller jusqu'au refus de choisir les candidats des "partis traditionnels", sauf à recommander de faire battre certains candidats (publication de liste noir), il n'en est pas de même pour le MNR dont l'objectif est de faire battre les socialo-communistes.

(7) Lors de l'émission de télévision sur France 2, "Mots Croisés" dirigée (remarquablement comme toujours) par Arlette CHABOT à 20 h 55. Sans doute l'émission d'information politique la meilleure que l'on puisse voir. A cette occasion, L. FABIUS apparaît comme un futur leader du PS, tandis que P. DOUSTE-BLAZY surprend, en bien, face à l'ancien ministre des Finances du gouvernement JOSPIN.

(8) Projections en sièges selon la SOFRES, IPSOS et CSA: Gauche: 132 à 191; Droite: 380 à 440; Extr. droite: 0 à 2. (in  "L'Indépendant" du 10/06/2002).

(9) J. CHIRAC réaffirme que tout candidat de l'UMP qui passerait des accords avec le FN en serait exclu.

(10) Les différences obtenues pour chacun des 3 bureaux de vote ne sont pas significativement différentes (avec un léger écart pour le bureau 3)

(11) La déléguée désignée par la Préfecture à commission électorale de Canet, suite aux vérifications des listes des inscrits, conteste la véracité de celles-ci. Il appartiendra au Tribunal de Grande Instance de Perpignan de vérifier le bien-fondé de sa plainte. La remise en cause du nombre d'électeurs inscrits pourrait aboutir à l'annulation de l'élection dans cette circonscription où seulement 910 voix sur 53042 suffrages exprimés séparent les deux candidats (Cf. "La Semaine du Roussillon", N°353 du 23-29/01/2003). Il est à noter que les délais de recours sont de trois ans. Aucune liste électorale n'est fiable à cent pour cent, tous les moyens souhaitables n'étant pas à la disposition des commissions électorales. Les "anomalies" qui peuvent exister sur les listes n'impliquent pas obligatoirement l'existence de fraudes, mais le plus souvent d'une méconnaissance des règles de maintien d'inscription chez l'électeur (N. de l'a.).

(12) M.-N. LIENEMANN, ministre dans le gouvernement JOSPIN donne son interprétation sur la défaite de ce dernier lors des présidentielles dans un ouvrage: Ma part d'inventaire. Edit. Ramsay (2002).

 

Notes complémentaires :

Malgré les pénalités financières qui frappent les partis qui ne respectent pas la loi sur la parité, il n'y a que 12,3 % de femmes députés alors que dans les pays scandinaves la proportion peut dépasser 40 %. C'est naturellement mieux qu'en 1945 où le pourcentage ne fut que de 5,75. Petit problème de calcul pour les écoliers: combien faudra-t-il encore d'années pour atteindre 40 % de femmes députées? De même les députés qui étaient ouvriers ou employés avant d'être élus ne représentent que 3,5 %. Sur-représentation des  fonctionnaires et de "militants" professionnels des partis qui ne représentent même pas 2 % des électeurs. Il n'est pas surprenant que la société dite "civile" soit plus conduite à s'abstention, au vote protestataire ou au marketing politique. Mais c'est sans doute l'impuissance à "changer la vie" devant un maquis de lois (qui ne font que le bonheur des avocats), compliquées par celles issues de la Commission de Bruxelles qui découragent l'électeur qui n'a pour toute référence que les journaux télévisés.

 

L'année 2002, fertile en retournements politiques (comme le laissait prévoir la numérologie) fait l'objet du Grand Bêtisier in "Les dossiers du Canard enchaîné" (M02149, décembre 2002).

L'extrême droite, contrairement à ce que l'on aurait pu penser après la dissidence de B. MÉGRET, reste fermement sous la direction de LE PEN. Mais ses arguments politiques, mal adaptés eu égard à la construction européenne et à l'importance d'une immigration déjà bien implantée (plus du sixième de la population française depuis la fin de la seconde guerre), ne progresse pas et ne joue qu'un rôle de nuisance électorale vis-à-vis des partis de droite, voire de refuge contestataire pour certains électeurs de gauche.

  La droite  sous la houlette d'Alain JUPPÉ réussit partiellement l'unification des partis de la droite traditionnelle. Le RPR (fondé par J. CHIRAC) disparaît en fusionnant avec Démocratie Libérale (d'Alain MADELIN) et d'une grande partie de l'UDF (dont Philippe DOUSTE-BLAZY), à l'exception de F. BAYROU qui tente de maintenir l'autonomie d'une petite fraction de l'UDF qui maintient tout juste un groupe parlementaire. Ainsi l'union pour la majorité présidentielle devient Union du Mouvement Populaire.

  Le Parti Socialiste qui a perdu son leader naturel (L. JOSPIN), avec des tendances diverses mal contrôlées par son secrétaire général F. HOLLANDE, attend son futur congrès afin de dégager une majorité interne, donc une orientation politique plus claire [si c'est encore possible. N. de l'a.]

Le Parti communiste français perd son président (R. HUE) qui a démissionné, et de plus a perdu son mandat de député à 244 voix près (l'élection de son concurrent sera invalidée, mais une nouvelle élection le 2/2/2003 confirmera le résultat de la précédente où l'écart sera de 969 voix). Il est à noter que les abstentions se sont accrues entre les seconds tours des deux élections (40,88% en juin 2002 et 50,38% en février 2003). Cette situation ne sera pas sans conséquence sur les principes et la pratique qui ont prévalu pour la gauche plurielle dont R. HUE aura été l'un des défenseurs au sein de son parti.

Quant aux écologistes (Les Verts), si une majorité s'est dégagée (faiblement), leurs statuts ne leur ont pas permis de définir un nouveau secrétariat national, D. VOYNET continuant à assumer l'intérim.

L'entrée des pays d'Europe centrale dans l'Union européenne (sommet de Copenhague le 13 décembre 2002), sous réserve de référendums prévus en 2003 pour les nouveaux (10 états: Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Chypre et Malte) et après d'âpres discussions financières, déboucherait à 25. Demeurent "en dehors" la Suisse et la Norvège. (Voir "Le Monde", Dossiers et Documents, N° 316, janvier 2003).

Provisoirement les cas de la Bulgarie et de la Roumanie devraient être traités ultérieurement, puis ceux des pays de l'ex-Yougoslavie. Reste le cas de la Turquie qui pose problème (géographique, bien qu'une partie se situe sur le continent européen, et …historique).

Félicitons la Pologne pour l'obtention des avantages financiers qu'elle a su tirer de la part des européens, après s'être empressée d'acheter des avions de combat aux …. USA ! (et qui en seront remerciés par ceux-ci). L'OTAN, "cheval de Troie" des États-Unis au sein du futur élargissement de la construction européenne! (et dire que d'aucuns à une certaine époque ne cessaient de critiquer de GAULLE et ses "visions". "Errare humanum est")

            Le gouvernement RAFFARIN décide, unilatéralement, une modification du mode de scrutin en 2004 pour les deux élections qui doivent avoir lieu: les Régionales et les Européennes. Ce qui pose problème est moins le mode de représentation des départements au sein de la région (avec quotas de candidats départementaux proportionnels à l'importance de la population, et découpage de 8 grandes régions pour les européennes; les deux élections au scrutin de liste politique, la liste arrivée en tête obtenant ipso facto 25% des sièges, le reste étant réparti à la proportionnelle entre toutes les listes), que le seuil fixé à 10% des inscrits et non plus des suffrages exprimés. Ceci renforce le fait majoritaire au détriment des formations politiques plus faibles comme l'UDF par exemple. (Cf. "L'Indépendant" du 29/1/2003 et "Le Monde" du 1/2/2003. On ignore encore ce que pourra être la réaction au sein de l'Assemblée nationale. Le risque est d'accroître encore le taux des abstentionnistes et des votes blancs et nuls lors des futures élections s'ils ne sont pas pris en compte comme suffrages exprimés. Devant le "tollé" des partis autres que l'UMP, on reviendra sur le seuil envisagé. Qu'en sera-t-il des baisses d'impôts promis (naturellement sans augmentation de taxes par ailleurs!) comme de la réduction de la TVA dans la restauration? Mais ce sont surtout les effets d'une désindustrialisation et les conséquences sur les emplois qui sont préoccupants (taux de chômage de 13,7 % en Languedoc-Roussillon in "Le Monde" du 12/9/2003.

 

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