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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Claude Razouls-1

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27 août 2017

7 - Référendum du 13 octobre 1946

7 - Référendum du 13 octobre 1946

 

         Un texte est adopté par l'Assemblée constituante par 443 voix (PCF + SFIO + MRP) contre 106 (Radicaux + Indépendants + "Gaullistes").

         Ce texte est naturellement un compromis : les pouvoirs du Conseil de la République ("Sénat") et ceux du Président de la République sont accrus, mais l'Assemblée nationale conserve la prééminence. Le statut de l'Union française est aussi revu.

La question posée sera : "Approuvez-vous la constitution adoptée par l'Assemblée Nationale constituante".

 

Le 16 juin, le général de GAULLE est sorti de sa réserve par un grand discours à Bayeux (1) fustigeant le régime d'assemblée qui rend le pouvoir exécutif otage des rivalités de partis. Il  expose les grandes lignes de la Constitution qu'il estime la meilleure pour la France (2). À Épinal, le 22 septembre, il condamne catégoriquement le projet élaboré par les trois grands partis.

Naturellement il fera campagne pour le NON, suivi pour d'autres raisons, par le parti Radical qui s'attriste de la transformation de l'ancien Sénat en simple Conseil, les Indépendants et les "Gaullistes" (qui n'ont pas encore constitué une formation politique et sont "dispersés" chez les radicaux, le MRP et les Modérés).

Le référendum se transforme en grande partie en une lutte pour ou contre de GAULLE.

Le MRP, tiraillé entre sa fidélité au Général et ses partenaires du Gouvernement et de l'Assemblée, finit par se décider en faveur des seconds.

Le PCF soutient fermement le OUI contre DE GAULLE représentant de la réaction, la SFIO approuve le texte qui sauvera la République par la stabilité, le MRP plus modérément parce qu'il y voit la fin du provisoire et la possibilité de réviser ultérieurement cette constitution . . . pas encore née !

 

Résultats :

                            Banyuls                            Département                 Métropole

Inscrits       : 2135 (+ 61 / juin)                       139.321                    24.905.538

Abst.          :   964 (45,15%)                          (37,36%)                     (31,2%)

Votants      : 1717 (54,84%)                          (62,64%)                     (68,8%)

Blancs        :       4 (  0,24%)                          (  1,34%)                     (  1,4%)

S.Expr.       : 1167 (54,66%)                          (61,80%)                     (67,42%)

 

OUI           :   832 (71,29% S.E)                    (66,6% S.E)                 (53,5% S.E)

NON          :   435 (28,70% - -)                      (33,4% --)                    (46,5% --)

 

Remarques :

Les abstentions se sont accrues par rapport au précédent référendum (+14,59 % à Banyuls et +11,9% en métropole), traduisant une lassitude des électeurs (c'est la 7 ème élection depuis un an) et une déception après les espoirs nés à la Libération.

 

Le OUI, s'il l'emporte largement à Banyuls a cependant reculé (-164 voix) par rapport au 5 mai. Il permet de mieux mesurer l'audience des partis (PCF + PS = 1132 voix le 2 juin).

                                                                                     

Le NON a également diminué (-81 voix par rapport au 5 mai). L'audience de DE GAULLE apparaît très faible à Banyuls d'autant plus que les radicaux et les modérés avaient appelé aussi à voter non.

  Au plan national, on note que Paris et de nombreux départements "modérés" ont voté Non, traduisant un abandon du MRP par son électorat. Les plus forts pourcentages de Oui se situent dans la moitié sud de la France.

On notera aussi le très faible taux des bulletins "blancs et nuls".

Le taux des abstentions a considérablement augmenté par rapport  au scrutin de mai (plus de 2 millions). Ainsi  le MRP  a rendu possible cette victoire contre de GAULLE, qui ne le lui pardonnera pas. Le nouveau régime de la IV ème République exclut de fait le "gaullisme de la vie politique.

 

Note annexe :

(1) Cf. Jacques DEBÛ-BRIDEL: Les Partis contre DE GAULLE. Edit. Aimery Somogy (1948).

(2) Qui sera en partie celui de 1958.

 

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