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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Claude Razouls-1

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27 août 2017

31 - Municipales des 14 et 21 mars 1971

31 - Municipales des 14 et 21 mars 1971

  

Àprès avoir commencé triomphalement son troisième mandat en mars 1965, le Dr. André PARCÉ démissionne le 6 décembre de son poste de maire à la suite de la crise économique qui frappe durement le GICB. Il en est le Président, et tenu pour responsable d'un endettement qui ne permet plus d'assurer les revenus des membres de la principale coopérative des vins de  Banyuls.

Bien que le maire soit l'élu de la population, la défiance d'une partie de la population viticole l'a conduit à cette issue. Il demeure néanmoins conseiller municipal, mais ne participera plus aux réunions.

Raymond BATALLER (Inspecteur général de la police en retraite) a accepté les fonctions de maire, et sera élu à ce poste au sein du Conseil le 18 décembre 1967.

 

Le conseil municipal est arrivé au terme de son mandat malgré ces années difficiles pour les viticulteurs.

Tout naturellement R. BATALLER constitue une liste "d'Union républicaine pour une bonne gestion communale", essentiellement "apolitique". Quatre conseillers sortants seulement acceptent de se représenter avec lui, tandis que des socialistes et même un communiste sont pressentis à titre individuel (ce dernier ne donnera pas suite, bien que vantant les qualités du maire).

Depuis la fin de 1965 la section socialiste SFIO, inactive depuis quelques années, a été reconstituée par Claude RAZOULS, Laurent CENTÈNE et Charles JAULLENT. ils seront bientôt rejoints par d'anciens militants dont Pierre ARNAUD et Fabien REIG, puis Fernand PAULI. L'année précédant cette consultation la section locale est, sinon la plus nombreuse dans le département, certainement la plus dynamique et, du moins, la plus indépendante vis-à-vis des élus départementaux.

Une liste d'Union de la Gauche ne peut se réaliser faute d'un accord avec la cellule communiste locale sur la répartition des sièges.

C'est donc trois listes qui se présenteront :

 

1- La liste BATALLER, qui est profondément remaniée par rapport à celle du Dr. PARCÉ, puisque seuls y demeurent François ALCOVERT, Jean FERRER, Pierre GOUBERN et Jean MESTRES.

2- La liste d'Union Socialiste et Républicaine, conduite par Fernand PAULI  (qui vient       de prendre sa retraite, membre actif de la section SFIO). Tous les colistiers sont membres de la section à quatre exceptions près.

3- La liste d'Union pour une gestion sociale, moderne et démocratique, conduite par André SOLEING. La liste est constituée de communistes et de sympathisants.

 

La campagne se déroule par l'intermédiaire des articles de presse dans "L'Indépendant" entre R. BATALLER et F. PAULI, le second critiquant la mauvaise entente au sein de l'équipe du premier comme son caractère "difficile", critique également de la présence de Jean FERRER ("l'homme des Roches blanches", ensemble immobilier  qui défigure le village). Tandis que PAULI est traité par BATALLER de " ventilateur du front de mer ".

Au cours de la réunion publique et contradictoire de BATALLER, dans la poussiéreuse et vieillotte salle Novelty, PAULI sera peu heureux dans son intervention (que d'aucuns considèreront comme un échec). La réplique de BATALLER sera à peu près du même niveau en insistant sur l'appartenance de F. PAULI à la franc-maçonnerie (les vieilles lunes peuvent toujours resservir dans l'inconscient collectif!) (1).

 

Résultats (1er tour) :

 

Inscrits:                     2860 (+300  depuis les municipales de 1965)

Abst.:                           696 (24,34%)

Votants:                    2164 (75,64%)

Blancs:                           40 (  1,85%)

S.Expr.:                    2124 (74,27%)

Majorité absolue :      1063

 

Remarques :

Les abstentions sont particulièrement élevées (6 à 7% de plus qu'aux élections municipales antérieures), peut-être en raison d'électeurs inscrits à Banyuls mais n'y résidant pas, en partie à cause du peu de charisme des leaders des deux principales listes, des nouveaux jeunes électeurs et des  nostalgiques du Dr. PARCÉ.

Le dépouillement a été exceptionnellement long (jusqu'à 2 heures du matin) en raison d'un panachage extraordinairement compliqué, peut-être à la suite de consignes discrètes du Dr. PARCÉ (encore qu'il recueille 360 voix sans être candidat!).

Une observation rapide montre que certains noms sont systématiquement barrés. Les listes entières donnent : BATALLER = 572, PAULI = 190, SOLEING = 182.

Listes panachées avec en tête : Albert SAGOLS = 868, DAVID = 637, SOLEING = 238.

Et pourtant, malgré le panachage, la liste BATALLER recueille une moyenne de 1191 voix, avec des écarts de 1440 à 984. Albert SAGOLS arrive en tête, nettement détaché. Le maire sortant n'arrive qu'en 4 ème position (1326 voix), mais il a déjà acquis 20 sièges sur . . . 23 !

La liste socialiste recueille une moyenne de 573 voix (écarts: 827 à 366). Si le premier est Roger DAVID (adjoint sortant et bien estimé de ses concitoyens), PAULI n'arrive qu'en 16 ème position avec 528 voix.

La liste du PCF a une moyenne de 266 voix (écarts : 420 à 210). Ici la tête de liste est . . . en tête, avec 420 voix pour André SOLEING.

Peu de femmes sur les listes (3 pour le PCF, 1 sur la liste socialiste), et leurs scores sont médiocres.

Les élections sont donc jouées dès ce premier tour, et le coup paraît avoir anesthésié les candidats des autres listes. Un accord est conclu, difficilement, entre le PS et le PCF, sur la base 2 pour 1 (2). Malgré sa très large majorité R. BATALLER cherchera à faire abandonner la partie à la future micro-liste en préparation … jusqu'à proposer de l'argent à l'un d'entre nous !

Se trouvent donc face à face pour les 3 sièges restants: les 3 non élus de la liste BATALLER et une mini-liste d'Union de la gauche (avant la lettre) composée de C. RAZOULS, R. RIBÈRE et A. SOLEING.

 

Résultats (2 ème tour) :

Inscrits:           2860

Abst.:                 873 (30,52%)

Votants:          1987 (69,48%)

Blancs:                 17 (  0,86%)

S.Expr.:           1970  (68,88%)

 

Remarques :

Les abstentions ont naturellement augmenté, la majorité étant acquise (malgré l'appel pressant de BATALLER en faveur de ses trois colistiers).

Seul Paul BARBE est élu pour la liste BATALLER avec 971 voix (en 2ème position).

Pour la liste d'Union de la gauche sont élus René RIBÈRE avec 1039 voix et André SOLEING avec 949 voix. Le score de Claude RAZOULS, non élu (moins connu que les autres candidats) recueille 893 voix, ce qui permet de mesurer l'ensemble de cette tendance

Pour la première fois depuis 1945, un communiste entre au Conseil municipal, suite à un bon désistement réciproque, et à l'appui très efficace de l'Association des Anciens Marins en sa faveur.

On note que le Dr. PARCÉ recueille encore 23 voix, et divers non-candidats: 52.

A l'occasion de ce second tour, dont le but était d'introduire  René RIBÈRE au sein du Conseil, c'était la préparation des futures municipales qui était en vue.

C'est une majorité apparemment homogène autour de son maire qui entame son mandat, mais aussi constituée de nombreux nouveaux élus qui vont très rapidement se heurter sur des "détails", et par les caractères de certains.

 

            Le 28 mars a lieu l'élection du maire et des adjoints sous la présidence du doyen d'âge André SOLEING.

Maire : Raymond BATALLER = 20 voix (S.E = 23, blancs ou nuls = 3); 1 er adjoint : Albert SAGOLS = 20 voix (S.E = 23, blancs ou nuls = 3); 2 ème adjoint : Paul BARBE = 19 voix (S.E = 23; blancs ou nuls = 4).

            Le 2 avril sont créés deux postes supplémentaires d'adjoints:

3 ème adjoint : Jean MESTRES = 19 voix (S.E = 23; blancs ou nuls = 4); 4 ème adjoint : Docteur François ALCOVERT = 19 voix (S.E = 23; blancs ou nuls = 4).

Un 5 ème adjoint spécial du Puig del Mas et des écarts : Michel HUC = 20 voix (blancs et nuls = 3)

Le 7 avril est désigné comme Délégué au Comité du Syndicat Intercommunal Scolaire : Roger RULL = 21 voix (S.E = 23; Blancs et nuls = 2)

 

Notes annexes :

(1)  Voir à ce sujet un article paru dans "L'Indépendant" du 14 juin 1990.

(2) Louis BAILLS, retenu initialement parmi les trois du PS, n'appréciera pas d'avoir été "sacrifié" lors des négociations avec les responsables locaux du PCF. Mais ce n'est que partie remise.

 

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