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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Histoire électorale de Banyuls sur mer
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Claude Razouls-1

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27 août 2017

19 - Référendum du 8 janvier 1961

19 - Référendum du 8 janvier 1961

 

Le général de GAULLE est revenu au pouvoir sous la pression des événements d'Algérie.

Si la situation sur le terrain militaire se stabilise en Algérie du fait du plan du général CHALLE, et en métropole grâce à l'action de la DST (1), aucune solution de type troisième force n'ayant pu être trouvée (comme le confirment les élections municipales de 1959 en Algérie), toute politique passe nécessairement par un dialogue direct avec le FLN.

L'isolement diplomatique de la France, la nécessité du maintien d'une force militaire importante en Algérie (hors du théâtre centre-européen), les conséquences qu'occasionnent ce type de guérilla (2), les coûts économiques, ont conduit de GAULLE à en tirer les leçons et à faire "la part du feu" afin d'éviter l'enlisement.

En métropole, depuis plus d'un an, les heurts entre partisans de l'Algérie française et la gauche ne cessent de s'accroître. 

Si le contingent aspire au retour dans ses foyers, une grande partie de la droite défend le principe de l'Algérie française, tandis que les "pieds noirs" s'inquiètent, à juste titre, des propos successifs de DE GAULLE, notamment ceux du 4 janvier sur une Algérie algérienne.

Les "ultras" et l'extrême droite s'activent, tandis que la fidélité au gouvernement  d'une partie de l'armée de métier qui combat en Algérie devient douteuse.

Le 4 janvier à Madrid, le général SALAN, LAGAILLARDE et SUSINI appellent à voter Non, comme SOUSTELLE et BIDAULT (3) au cours d'une conférence de presse. Le 6 dans une "Lettre aux Français" seize généraux ayant commandé en Afrique du Nord se déclarent en faveur du Non. En octobre 1959 KROUCHTCHEV avait approuvé la politique d'autodétermination menée par de GAULLE en Algérie. 

 

DE GAULLE, pour réaffirmer son autorité en Métropole comme en Algérie, et sa crédibilité auprès des instances internationales, mais aussi vis-à-vis des dirigeants de la rébellion, propose un référendum dont la question est :

"Approuvez-vous le projet de loi concernant l'autodétermination des populations algériennes et l'organisation des pouvoirs publics avant l'autodétermination".

Par de nombreux déplacements en province et par l'intermédiaire de la télévision (qui joue un rôle de plus en plus important dans le débat politique) de GAULLE  s'exprime beaucoup.

L'UNR, le MRP et le Parti Socialiste SFIO appellent à voter OUI, alors que le PCF et le PSU disent NON (avec l'argument, discutable, qu'il s'agit d'un référendum plébiscite), s'ajoutent au NON les partisans de l'Algérie française (contre toute négociation avec le FLN). Les Radicaux laissent la liberté de vote à leurs adhérents, mais se prononcent en faveur du NON (par nostalgie pour une autre constitution). Quant aux Indépendants ils laissent . . . l'indépendance à leurs électeurs. Le FLN prône l'abstention.

 

Résultats :

                          Banyuls                     Département                 Métropole

Inscrits:     2454 (+30 / 1958 )            149.929                      27.184.408     

Abst. :         716 (29,17%)                  (32,33%)                    (23,50%)       

Votants:     1738 (70,83%)                  ( 67,67%)                  (76,50%)       

Blancs:          38 (  2,19% )                 (   3,56%)                   (  2,86% )      

S.Expr.:     1700 (69,27%)                 (64,87%)                    (74,31% )      

OUI  :        1201(70,74% S.E)           (65,35% S.E)              (75,26% S.E)

NON :          499 (29,36%  --)            (34,65% --)                 (24,74% --)

 

Remarques :

 

Les abstentions à Banyuls sont plus élevées qu'au plan national, où elles se sont accrues par rapport à 1958 (4).

Est-ce le résultat de la position du parti Radical, ou la question posée pas assez claire et donc peu stimulante?

Il est évident que le vote OUI était un encouragement pour la poursuite des efforts déployés par de GAULLE (le mot plébiscite ayant une connotation péjorative). Mais les manifestations agricoles durant toute l'année 1960 ont également pu jouer un rôle.

Le pourcentage de Oui à Banyuls est intermédiaire entre ceux du département et du pays. Il correspond à la somme des voix obtenues aux législatives de 1958 d'ALDUY + UNR (= 630), plus 571 (sur 860 des radicaux de PAMS)

Le NON doit totaliser une grande partie des électeurs communistes et sympathisants du PSU (350 à 400 voix), plus une centaine d'autres (sans doute plus de droite que de radicaux).

 

En Algérie les résultats sont les suivants :

Inscrits:    4 696 432

Abst. :      1 868 755 (39,79%)

Votants:     2 827 677 (60,21%)

Nuls :          115 411 (  4,08% / V)

S. Expr.:   2 712 266 (57,75%)

Oui :        1 911 581 (70,48% S.E)

Non  :          800 780 (29,52% --)

 

On observe une abstention supérieure à celle de la métropole (+16,29%), qui n'étonnera pas compte tenu des consignes d'abstention de la part du FLN (contre balancé il est vrai par les efforts de l'armée auprès des populations musulmanes en faveur du vote), et un nombre de bulletins nuls légèrement supérieur (+1,22%). Les OUI seront légèrement plus faibles qu'en métropole (-4,78% S.E.), et les NON légèrement supérieurs (+4,78 % S.E.)

 

Notes annexes :

(1) Direction de la Surveillance du Territoire: service de contre-espionnage dépendant du ministère de l'Intérieur. Sur ses activités: Cf. Philippe BERNERT: Roger Wybot et la bataille pour la DST. Edit. Presses de la Cité (1975). Daniel BURDAN: DST, Neuf ans à la division antiterroriste. Edit. R. Laffont (1990).

(2) Ce que résumera un éditorial paru dans "Le Monde " du 26 août 1959 sous la signature de SIRIUS (pseudonyme de son directeur BEUVE-MERY). Cf. Roger BARBEROT: Malaventure en Algérie avec le Général PÂRIS DE BOLLARDIÈRE. Edit. Plon (1957). Cf. Général de BOLLARDIÈRE:  Bataille d'Alger, bataille de l'homme. Edit. Desclée De Brouwer (1972).

(3) Cf. Georges BIDAULT: D'une résistance à l'autre. Edit. Les Presses du Siècle (1965) et Le Point. Edit. la Table Ronde (1968). Cf. Jacques SOUSTELLE: L'espérance trahie. Edit. Editions de l'Alma (1962) et Vingt-huit ans de Gaullisme. Edit. La Table Ronde (1968). Cf. Bernard ULLMANN: Jacques Soustelle. Edit. Plon (1995).

(4) L'analyse du référendum dans "L'Indépendant" du 12/1/61 montre que les taux d'abstentions sont toujours supérieurs en hiver, entre autres causes, puisque les conditions météo étaient normales pour la saison.

 

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